Communautés
Trois communautés oeuvrent à mettre en réseau l’ensemble des acteurs impliqués dans la recherche concernant trois domaines scientifiques.
La communauté cancer : Oncosphère Bordeaux

Le projet Oncosphère Bordeaux, porté par l’Université de Bordeaux en collaboration avec l’Inserm, le CNRS, l’Institut Bergonié, le CHU de Bordeaux et le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a pour ambition de fédérer et promouvoir toutes les forces dédiées aux recherches sur la thématique du cancer de la métropole bordelaise. Il s’agit d’un projet collectif porté par une communauté scientifique interdisciplinaire de plus de 800 personnes.
Le projet Oncosphère Bordeaux envisage de regrouper la majorité de ses composantes sur un site unique voire en un lieu unique dans le but de créer un écosystème de recherche original et d’envergure internationale qui permettra des échanges intercommunautaires au service de l’attractivité, de l’innovation, de la valorisation et des patients. Il s’intègre dans le projet plus vaste, Oncosphère Nouvelle-Aquitaine, impliquant également les sites de Limoges, Poitiers, La Rochelle et Pau, élargissant ses potentialités de recherche et développement via la complémentarité des autres sites de la région.
Les chercheurs de l’Oncosphère Bordeaux ont publié plus de 10 000 publications scientifiques dans des revues internationales depuis 2007 dont presque 50% dans le top 10 des revues les plus influentes. Ils collaborent avec des équipes de recherche de plus de 20 pays.
La production de brevets par les équipes biologiques et technologiques est conséquente avec 186 brevets déposés depuis 10 ans dont les deux-tiers sont actifs. La production est plus importante côté technologique avec 74% de brevets actifs. Selon la classification internationale des brevets (CIB), les équipes OncoBio et OncoSTIM ont 55 codes CIB communs.
Le Pr Pierre Soubeyran est porteur du projet Oncosphère pour Bordeaux et la Nouvelle-Aquitaine.
La communauté microbiologie : MicroBioNA
Les micro-organismes, qu’ils soient simples ou complexes, sont des acteurs essentiels du monde qui nous entoure. Bien que souvent associés à des effets négatifs sur notre santé et notre environnement (maladies infectieuses, altération des aliments, pollution, etc.), leur rôle va bien au-delà de ces aspects. En réalité, de nombreux micro-organismes jouent un rôle crucial dans les biotechnologies et contribuent au maintien des équilibres écologiques, participant ainsi activement aux cycles naturels et aux innovations scientifiques.
Depuis 2020, le Département SBM soutient l’initiative de nos collègues des laboratoires MFP (CNRS, Dept SBM) et BFP (INRAE, Dept SE) visant à organiser une journée annuelle dédiée à la Microbiologie à l’université de Bordeaux (Microbiology Day). Cet événement scientifique rassemble, depuis sa création, des microbiologistes du monde académique menant des recherches fondamentales et/ou appliquées. Reconduit chaque année, l’événement a été élargi dès sa deuxième édition à l’ensemble du territoire de la Nouvelle-Aquitaine.
Au fil des éditions, le Microbiology Day a pris une envergure encore plus grande avec l’intégration d’intervenants issus du monde industriel et biotechnologique, en tant qu’orateurs ou participants. L’édition 2024 a compté 200 participants le 28 mai 2024. Ce succès peut s’expliquer en partie par la création d’un site web dédié, soutenu par le Département SBM, améliorant ainsi la visibilité de la communauté des microbiologistes de la Région et facilitant les échanges ainsi que la promotion de la diversité dans ce domaine.
À ce jour, la communauté des microbiologistes de Nouvelle-Aquitaine (MicroBio-NA) rassemble plus de 300 chercheurs et enseignants-chercheurs statutaires (et plus de 500 personnes en incluant les doctorants, post-doctorants et personnels techniques), répartis dans 88 équipes de recherche académique et 39 unités de recherche. L’activité scientifique de ce réseau porte sur la santé humaine, animale, végétale, environnementale et/ou alimentaire.
La diversité de cette communauté a permis à plusieurs équipes/chercheurs(ses) d’être lauréats de l’AAP PSGAR (Programme Scientifique de Grande Ambition Régionale) de la Région Nouvelle-Aquitaine en 2023 sur le thème des « maladies infectieuses et risques sanitaires » dans un contexte de maladies infectieuses émergentes. S’appuyant sur cet élan, la communauté MicroBio-NA a demandé et obtenu en 2024 un financement régional pour structurer un Réseau de Recherche Régional (R3) dédié à la microbiologie en Nouvelle-Aquitaine. Ce réseau vise à développer les collaborations, à renforcer des axes de recherche et à favoriser l’émergence de nouveaux projets autour de toutes les santés (associées au concept «One Health», dans lequel la Microbiologie occupe une place prépondérante) et à développer des applications biotechnologiques. Sa mise en place a débuté par une phase d’amorçage de 18 mois, accompagnée du recrutement de Mme Marie-Octavie Davin, manager de projet, hébergée au laboratoire MFP du Département SBM à Bordeaux.
Depuis, la communication autour de ce réseau MicroBio-NA s’est développée et de nouvelles actions sont mises en œuvre pour fédérer et élargir la communauté tout en favorisant les échanges entre chercheurs, équipes et universités de toute la région (Arcachon, Bordeaux, La Rochelle, Limoges, Poitiers, Pau et Pays de l’Adour).
La communauté métabolisme
La communauté, dédiée au métabolisme, a vu le jour grâce au soutien du Département SBM. Elle a été créée pour identifier les besoins du domaine, développer de nouveaux savoir-faire et des technologies innovantes, renforcer notre capacité d’étude du métabolisme et répondre plus efficacement aux défis environnementaux, climatiques et de santé.
Cette communauté, largement transversale, propose d’étudier le métabolisme dans le monde vivant : des micro-organismes aux organismes pluricellulaires ou multi-systémiques, qu’ils soient végétaux ou animaux. Grâce à cette transversalité, elle établit des liens entre les différentes unités du Département SBM et consolide les interactions avec d’autres départements de l’université de Bordeaux, tels que les Départements Sciences et Technologies pour la Santé, le Neurocampus et Sciences de l’Environnement.
La communauté « métabolisme » de l’université de Bordeaux a initié la création du réseau COMET-NA (Communauté Métabolisme de Nouvelle-Aquitaine), qui regroupe une centaine de chercheurs, cliniciens et enseignants-chercheurs œuvrant dans toute la région. Ce réseau facilite les échanges d’informations (congrès scientifiques, appels d’offres) et favorise les collaborations au sein de la région. L’intérêt pour l’étude du métabolisme en Nouvelle-Aquitaine est multiple, avec des applications potentielles dans les domaines écologique, industriel et médical.
Une journée annuelle MetaBoDay est organisée depuis 2020. Il s’agit d’un colloque initialement local qui a progressivement acquis une dimension régionale. En 2024, le MetaBoDay a démontré le dynamisme de cette thématique à travers des échanges avec des acteurs industriels, des universitaires et des chercheurs, stimulant ainsi les collaborations entre les différents sites régionaux.
Au cours de l’année écoulée, notre communauté a organisé une dizaine de séminaires scientifiques ou thématiques avec des chercheurs nationaux et internationaux.
La communauté ChemBioNA
La chimie et la biologie, longtemps développées selon des approches distinctes, convergent aujourd’hui de manière croissante pour répondre à des enjeux scientifiques majeurs en santé, en environnement et en biotechnologies. À leur interface émergent de nouvelles stratégies pour comprendre les mécanismes du vivant, concevoir des molécules d’intérêt, développer des outils diagnostiques et thérapeutiques, et imaginer des solutions innovantes à fort impact sociétal. Cette interdisciplinarité constitue désormais un levier essentiel d’innovation, en favorisant le dialogue entre disciplines, méthodes et communautés scientifiques.
C’est dans cette dynamique qu’a émergé ChemBioNA, un réseau fédérant les acteurs de la chimie, de la biologie et de leur interface en Nouvelle-Aquitaine. Né d’un besoin de mise en relation entre chercheurs travaillant sur des thématiques complémentaires, le réseau s’est structuré progressivement à partir de premières rencontres organisées à Bordeaux dès décembre 2022. Ces échanges ont permis de faire émerger une communauté interdisciplinaire en pleine croissance, portée par la volonté de décloisonner les approches et de favoriser l’émergence de collaborations nouvelles à l’échelle locale puis régionale.
Depuis sa création, ChemBioNA a consolidé cette dynamique à travers l’organisation régulière de journées thématiques consacrées notamment aux molécules thérapeutiques, à l’imagerie ou encore au développement de médicaments. Ces rendez-vous ont contribué à structurer la communauté, à accroître sa visibilité et à renforcer les interactions entre équipes issues de champs disciplinaires variés. Initialement centré sur les laboratoires bordelais, le réseau s’est progressivement ouvert à l’ensemble des pôles académiques de la région Nouvelle-Aquitaine, avec l’ambition de devenir un espace fédérateur pour la recherche à l’interface chimie-biologie.
L’année 2025 a marqué une étape importante avec l’organisation du premier congrès régional ChemBioNA, tenu les 6 et 7 mai 2025 à l’IECB, comme temps fort de structuration du réseau et de visibilité à l’échelle régionale. Dans cette continuité, le réseau organise son deuxième congrès régional les 9 et 10 juillet 2026 au Domaine du Haut-Carré à Talence, confirmant l’ancrage de cette initiative et son rôle croissant dans l’animation scientifique régionale. Pensé comme un lieu d’échange et de rencontre entre scientifiques travaillant dans les domaines de la chimie, de la biologie et de leur interface, ce congrès illustre pleinement l’ambition de ChemBioNA : fédérer, connecter et faire émerger de nouvelles synergies scientifiques.
Par son ouverture, son caractère interdisciplinaire et sa capacité à rassembler des chercheurs de profils variés, ChemBioNA s’impose ainsi comme une communauté scientifique en plein essor. En favorisant les échanges, le partage d’expertises et la construction de collaborations durables, le réseau contribue activement au renforcement de l’écosystème régional de recherche à l’interface entre chimie et biologie, au service de questions scientifiques à fort potentiel de transformation.