Chacun et chacune peut librement échanger sur ses sentiments face aux différentes crises écologiques, se lancer dans une démarche de sobriété, trouver du soutien pour mener ses efforts au quotidien, partager des solutions pour s'inspirer et passer à l'action.C’est ce qu’a fait Clothilde Mayer, cadre dans l’entreprise Ubisoft de Saint-Mandé, en région parisienne. Nous l’avons interviewée.
Comment vous est venue l’idée du groupe de parole ?
Je faisais des recherches sur l’éco-anxiété et je suis tombée sur les Capitalistes Anonymes. Ils développent des cercles de parole inspirés de la méthode des Alcooliques Anonymes. Huit étapes ont été créées pour accompagner celles et ceux qui souhaitent mettre la sobriété écologique dans leur vie. La formation et la facilitation étant au cœur de mon métier, je me sentais à l’aise pour animer un cercle de parole.
La question s’est posée de savoir où développer ce groupe : soit dans un cadre associatif, soit à Ubisoft. Je faisais partie de la "Green Force", un collectif de salariés engagés, cherchant à faire bouger l'entreprise sur le sujet de l'écologie. Le collectif était dans une phase moins active, j’ai voulu le relancer en proposant quelque chose de différent. J’ai participé à deux cercles de parole à l’Académie du climat, à Paris, pour voir comment ça se passait, puis je me suis lancée.
Comment s’est passée la mise en place du groupe ?
Le groupe a été créé il y a environ un an et demi. J’ai simplement envoyé un mail aux membres de la "Green Force" et j’en ai parlé autour de moi. J’avais précisé que la participation était ouverte, libre et sans engagement.
Comment fonctionne le cercle de parole ?
Nous nous réunissons une fois par mois sur la pause repas. Nous avons suivi la trame des 8 étapes. Certaines étapes ont été faites en plusieurs fois. Nous avons fait un cercle spécial canicule cet été. En général, nous sommes entre cinq et sept. En tout, il y a une douzaine de participants. Ce sont essentiellement des personnes du collectif, mais aussi quelques personnes qui sont venues grâce au bouche-à-oreille.
Dans un contexte professionnel, le cadre de confidentialité qui est proposé par les Capitalistes Anonymes est particulièrement important. On y parle aussi bien de sujets personnels que professionnels, en fonction de ce que les personnes ont envie de partager. C’est un endroit pour déposer ses émotions, un espace partagé où on peut retisser une forme de confiance.
Quel impact ces cercles de parole ont-ils eu sur vous ?
J’étais déjà engagée donc ça n’a pas entraîné de changements. Ça m’a permis de rencontrer des personnes de façon différente ; des personnes que je connaissais, mais avec qui je n’avais jamais abordé de sujets sur l’environnement.
Quels sont les retours que vous pouvez avoir des participants ?
La motivation principale des participants, c’est de trouver un espace pour parler. Même lorsqu’on partage notre quotidien avec des personnes qui ont les mêmes valeurs, on n’a pas toujours l’occasion d’échanger sur ces sujets.
Si, vous aussi, vous ressentez l'envie de partager vos émotions ou questionnements autour de la question environnementale, il existe un groupe de parole des Capitalistes Anonymes à Mérignac Arlac. Toutes les dates de réunion se trouvent sur le site Démosphère Gironde.
Interview réalisée par le groupe de travail Développement durable du Département Sciences Biologiques et Médicales.