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Un magasin mutualisé pour les laboratoires : moins de livraisons, moins de stockage, moins de paperasse

Réduire le nombre de livraisons, mutualiser les achats et simplifier la gestion des consommables : c’est l’objectif du magasin de consignation mis en place sur le campus Carreire. Ouvert depuis janvier, ce dispositif permet aux laboratoires de commander facilement des consommables courants tout en limitant leur impact environnemental. Marin Chauffeton, responsable du magasin, revient sur la mise en place de ce projet et son fonctionnement.

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Comment est née l’idée du magasin mutualisé ?

« L’idée existait bien avant mon arrivée. C’est un projet qui a été initié par le groupe de travail Développement durable du Département Sciences biologiques et médicales de l’université de Bordeaux. L’objectif était de créer un magasin commun pour les laboratoires afin de réduire l’impact écologique lié aux livraisons et de simplifier certaines démarches administratives. »

Titulaire d’un master en logistique et déjà expérimenté dans la mise en place de chaînes logistiques, Marin Chauffeton met aujourd’hui ses compétences au service du développement de ce dispositif.

Le projet a d’abord été pensé pour les unités du Département SBM, avec l’ambition de s’étendre progressivement à l’ensemble du campus.

« Aujourd’hui, plusieurs unités du campus Carreire participent déjà au dispositif, comme ImmunoConcept, TBMCore, BRIC, MRGM, MFP ou encore l’IBGC. Des conventions sont actuellement mises en place avec le CNRS et l’Inserm pour permettre aux unités d’utiliser les crédits des ORN. »

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Magasin de consignation, © Marin Chauffeton

À quels besoins des laboratoires répond ce dispositif ?

Le magasin propose aujourd’hui principalement des consommables plastiques utilisés quotidiennement en laboratoire.

« Pour l’instant, nous stockons surtout des consommables plastiques : gants, pipettes, boîtes de Petri, tubes… Nous avons environ 75 références communes à plusieurs laboratoires. L’idée est de sélectionner des produits qui sont utilisés par tout le monde afin de regrouper au maximum les achats. »

Ce système repose sur trois objectifs principaux.

20260312_094739.jpg« Le premier objectif est écologique : en regroupant les commandes, on réduit le nombre de livraisons et donc l’impact carbone lié au transport. Ensuite, il y a un objectif économique : mutualiser les achats permet potentiellement de réduire les coûts. Enfin, il y a un aspect logistique : le magasin permet de centraliser une partie du stockage et de libérer de la place dans les laboratoires. »

 

Comment les équipes peuvent-elles commander ?

Concrètement, les équipes peuvent passer commande via un portail en ligne, avec un système de validation interne dans chaque unité.

« Sur le logiciel que nous utilisons, nous avons une liste des personnes désignées dans chaque unité. Certaines peuvent créer un panier de produits et d’autres peuvent le modifier et le valider. Une fois la commande validée par une personne désignée de l’unité, je vérifie les stocks et je prépare la livraison. En général, j’essaie de livrer le lendemain. L’objectif est aussi de simplifier la gestion administrative : au lieu de multiples factures, j’envoie un récapitulatif mensuel par laboratoire. »

Le magasin fonctionne sans marge commerciale.

« Nous vendons les produits au prix d’achat, sans bénéfice. Le but est vraiment de faciliter les commandes et de réduire les coûts pour les laboratoires. »

Quels sont les prochains développements du projet ?

Le projet est encore en phase de développement.

« Les livraisons ont commencé en janvier. Nous sommes encore dans une phase d’amélioration, notamment pour optimiser le logiciel de gestion et adapter les références en fonction des besoins des laboratoires. »

Pour l’instant, toutes les commandes ne passent pas encore par le magasin, mais l’objectif est d’élargir progressivement son utilisation.

« Si le magasin fonctionne bien et que les laboratoires passent davantage par ce système, cela pourrait permettre de franchir une deuxième étape : créer un marché spécifique pour le magasin et travailler directement avec les fournisseurs. Cela permettrait de réduire encore les coûts et d’optimiser le transport. »

Marin Chauffeton encourage donc les équipes à tester le dispositif.

« Le projet ne pourra vraiment se développer que si les laboratoires l’utilisent. Plus les commandes passeront par le magasin, plus il sera possible d’améliorer le système et d’élargir les références proposées. »

Les équipes intéressées peuvent également prendre rendez-vous pour visiter le magasin et découvrir son fonctionnement.

Interview réalisée par Hande Sena Kandemir, sous validation scientifique de Béatrice Turcq.